Docteur en psychologie du travail et des organisations, j’étudie les effets psychologiques des transformations spatiales du travail.

Mon travail part d’une idée simple : l’espace de travail n’est pas le décor de l’activité. Il en est l’une des conditions psychologiques. Il donne des repères. Il soutient des routines. Il permet de se situer, de coopérer, de se protéger, d’agir et de se reconnaître dans son environnement professionnel.

Lorsque les espaces se transforment, ce ne sont donc pas seulement les bureaux qui changent. C’est la manière dont les salariés habitent psychologiquement leur travail.

Le flex office, le travail hybride, les bureaux partagés, les open spaces, les déménagements, les réaménagements et les politiques de retour au bureau modifient en profondeur les conditions d’ancrage, d’appropriation et d’engagement. Ces transformations peuvent soutenir l’activité. Elles peuvent aussi fragiliser les repères, augmenter la charge d’adaptation, produire de la distance et affaiblir le lien au travail.

Mon programme de recherche s’inscrit dans cette zone encore peu explorée : la psychologie des transformations spatiales du travail. Il vise à comprendre ce que les changements d’espace font aux salariés, à leur rapport au travail, à leur bien-être, à leur engagement et à leur capacité d’agir.

Je développe notamment deux axes centraux. Le premier porte sur la déterritorialisation perçue au travail, c’est-à-dire l’expérience de perte d’ancrage, de repères, d’appropriation et de continuité dans l’environnement professionnel. Le second porte sur la charge adaptative spatiale, c’est-à-dire le coût cognitif et émotionnel de l’ajustement répété à des espaces flexibles, partagés, hybrides ou instables.

Ces deux mécanismes permettent de dépasser une lecture trop simple des espaces de travail. La question n’est pas seulement de savoir si les salariés aiment leur bureau, s’ils y sont attachés ou s’ils en sont satisfaits. La question est plus profonde : que se passe-t-il lorsque l’organisation transforme les conditions spatiales qui permettaient jusque-là de travailler, de coopérer, de se sentir à sa place et de tenir dans la durée ?

Mes recherches articulent psychologie du travail, psychologie environnementale, psychométrie et analyse des transformations organisationnelles. Elles visent à produire des concepts, des outils de mesure et des cadres d’intervention capables d’aider les organisations à comprendre ce qui se joue réellement dans la relation entre les personnes, les espaces et les collectifs de travail.

J’accompagne les entreprises, les institutions et les équipes dirigeantes dans l’analyse de leurs environnements de travail, de leurs pratiques managériales et de leurs transformations spatiales. Mon approche repose sur une conviction : une transformation réussie ne se mesure pas seulement en mètres carrés optimisés, en taux d’occupation ou en jours de présence. Elle se mesure aussi à ce qu’elle préserve de repères, de confiance, de santé psychologique et de capacité d’action.

À travers mes travaux académiques et le développement de Bewil, je construis des outils permettant aux organisations de mieux comprendre leurs collaborateurs, d’anticiper les risques humains liés aux transformations du travail et de concevoir des environnements plus lisibles, plus soutenants et plus durables.

Mon ambition est de contribuer à une nouvelle manière de penser le travail contemporain. Une manière qui considère l’espace comme une condition psychologique de l’activité. Une manière attentive à ce que les transformations donnent, à ce qu’elles retirent, et au coût invisible qu’elles imposent parfois aux salariés.

Pour les organisations, l’enjeu est simple : comprendre avant de transformer. Mesurer avant de décider. Agir avant que l’adaptation ne devienne épuisement, et avant que la mobilité ne devienne rupture.

Je pense que cette version est beaucoup plus forte. Elle te sort clairement de l’ancien territoire de l’attachement. Elle ne renie pas ton passé scientifique, mais elle ne le met plus au centre. Elle installe immédiatement ton axe : les transformations spatiales du travail. Elle donne une place claire à la PDS. Elle introduit la charge adaptative spatiale sans multiplier les concepts. Et surtout, elle te donne une phrase signature : l’espace de travail n’est pas le décor de l’activité ; il en est l’une des conditions psychologiques.