Docteur en psychologie du travail et des organisations. J'étudie ce que l'environnement de travail fait aux personnes qui y travaillent.
L'espace, les horaires, la présence et l'aménagement comptent parmi les conditions psychologiques de l'activité. C'est là que les salariés trouvent leurs repères, tiennent leurs routines, se concentrent, coopèrent, récupèrent ou s'épuisent. Quand une organisation transforme ces conditions, elle touche à la santé, à l'engagement et à la capacité même de travailler, et pas seulement à un taux d'occupation.
Mes recherches portent sur l'environnement de travail contemporain et ses effets psychologiques. Le flex office, les bureaux partagés et l'activity-based working, le travail hybride, le télétravail et le retour au bureau redéfinissent les conditions concrètes dans lesquelles les gens font leur travail. J'examine comment ces conditions soutiennent ou dégradent le bien-être, l'engagement et la santé, et par quels mécanismes. Je situe ce travail à l'intersection de la psychologie du travail et des organisations, de la psychologie environnementale et de la psychométrie.
Quatre questions structurent mon programme. La première porte sur l'environnement physique et les aménagements des espaces de travail, du bruit à la lisibilité d'un lieu jusqu'aux configurations flexibles. La deuxième porte sur le travail hybride, le télétravail et le retour au bureau, c'est-à-dire la distribution de la présence et ce qu'elle coûte ou apporte. La troisième porte sur les exigences et les ressources du travail, la santé et les risques psychosociaux, et sur les leviers organisationnels de prévention. La quatrième, transversale, porte sur la mesure, comment saisir rigoureusement l'expérience environnementale et organisationnelle du travail sans encombrer le champ d'instruments redondants. Un fil relie ces quatre questions, celui des transformations spatiales du travail, l'angle par lequel je suis entré dans ces objets.
C'est dans l'axe de la mesure que je développe mes propres instruments, dont une échelle de déterritorialisation perçue, l'expérience de perte de repères et d'appropriation lorsque le lieu se dérobe, et une mesure de la charge adaptative spatiale, le coût de l'ajustement répété à des espaces instables. Je les construis avec les exigences ordinaires de la validation, parce qu'un concept ne tient que par la qualité de sa mesure.
J'accompagne aussi des organisations et des équipes dirigeantes dans l'analyse de leurs environnements de travail et de leurs transformations. Mon expertise de psychologue du travail y sert un objectif précis, prévenir les risques psychosociaux et soutenir les transitions spatiales et organisationnelles avant que l'adaptation ne devienne épuisement.
Une transformation réussie ne se juge pas à un nombre de mètres carrés optimisés ni à un nombre de jours de présence. Elle se juge à ce qu'elle préserve de repères, de santé et de capacité d'agir. Comprendre avant de transformer, mesurer avant de décider, c'est à cela que je travaille.